J'ai fait une héroïne de moi-même. Je parlais avec Éli-chérie au téléphone en regardant par la fenêtre quand tout à coup, une énorme rafale de vent a entraîné tous les bacs verts vides du bloc en plein milieu de la rue. Le chaos vert, l'anarchie écologique, la victoire de Dame Nature sur le béton urbain. Ben, en fait, pas vraiment, ça faisait juste plein de bacs verts au milieu de St-Zotique. Bref, n'écoutant que mon courage, je me suis précipitée dehors pour sauver une à une ces pauvres petites bêtes et les empiler une dans l'autre pour ne pas que le massacre se produise de nouveau. Je tiens à préciser humblement ici tous les sacrifices que j'ai dû faire pour sauvegarder la réputation cool et sympa de mon petit quartier, et ce, totalement PAR MOI-MÊME et GRATUITEMENT:
1. Raccrocher pratiquement la ligne au nez à Éli qui me parlait de son grand-père qui venait de mourir pour aller sauver les bacs avant qu'il y ait un accident.
2. Devant la gravité du désastre, je ne suis pas passé par la toilette avant de me précipiter dehors alors que j'avais vraiment très envie parce que ça faisait 1h30 que je parlais au téléphone.
3. Je me suis présentée dehors en tracking suit sans prendre le temps de me changer et j'ai risqué mon honneur parce que peut-être qu'au même moment il y avait le beau gars d'en-dessous qui regardait par la fenêtre et qui m'a vu courir après les bacs en jogging. Quoique s'il avait été chez lui il aurait probablement été en train de faire l'amour. C'est ce que j'aurais fait, si j'avais été sa blonde pis que j'avais rien à faire à part regarder par la fenêtre.
4. St-Zotique = rue passante à 2 voies = risques accrus de se faire frapper en traversant la rue quand on n'est pas au coin.
5. Bacs verts = recyclage = verre brisé et boîtes de carton coupantes, alors que je n'avais même pas pris le temps de me couvrir les jugulaires en cas d'explosion de débris.
6. Il y a un genre de printemps qui s'essaie, ça a fait fondre la plupart des bancs de neige sur les trottoirs, mais enfin pas tous. J'aurais pu glisser sur une petite plaque de glace anarchiste et me noyer dans une grosse flaque sale. Ben quoi...
Et bien sûr il y a eu des milliards d'autres risques encourus lors de mon acte de bravoure. Tout ça pour dire, je remonte les escaliers avec mon bac, bien fière de ma shot, quand je vois un gars du bloc d'à côté qui s'approche de mon ingénieux empilage de bacs pour cherhcer le sien. Et là, tenez-vous bien, IL SOUPIRE D'IMPATIENCE en cherchant son bac, pis il est frustré de devoir en soulever une couple avant de retrouver le sien!! Je te jure, j'aurais dû retenir son numéro de porte pis laisser son bac se faire écraser et causer la mort d'un automobiliste et de ses 2 pauvres enfants, trio se promenant avec insouciance sur St-Zotique, en revenant de l'école, pensant que c'est un quartier cool et sympa, avant de foncer à toute allure dans le bac de Monsieur le Soupireux Impatient. Assassin, meurtrier, tu mérites de déménager à Laval.
D'autres nouvelles du quartier: paraît que David P. est parti, mais on ne sait pas vraiment où. Paraît aussi que Fred déménagerait peut-être et serait remplacé par un enfant. Et avec Coco qui part en juin, c'est la fin des belles années de la Petite-Patrie telles qu'on les connaît.
1 commentaire:
Pas grave p'tit loup de faire quelques bévues en "tracking suit" sur St-Zotique parce que tu contribueras bientôt à la revitalisation de ton quartier... Et pour ça, tu recevras l'admiration de tous.
Mon grand-père m'appellait "p'tit loup" quand j'étais jeune. Sniff.
J'te raconterai pas l'histoire au complet parce que ça doit faire à peu près une semaine que j't'empêche de chier...
Allez, va, petite... et utilise pas du papier journal comme l'autre imbécile.
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