Le jazz, ça m'a toujours un peu énervé, parce que je comparais ça à un film de David Lynch. C'est tout compliqué, il n'y a pas d'histoire, mais maudit, il y a toujours quelqu'un pour dire que c'est un supra-chef-d'oeuvre, et ça me donne l'impression qu'il y a quelque chose à comprendre que je n'ai pas compris. Que je ne me suis pas assez forcée. Pourtant, on dirait que plein de monde ont tout compris, et ça m'énerve, quand tout le monde comprend un truc sauf moi. Même chose pour le jazz: je pensais ne pas avoir compris ce qu'il y avait à comprendre dans ces notes-là qui courent partout. Mais jeudi, j'ai été voir Susie Arioli, mon premier show de jazz (n.b. hé, oh, j'ai pas payé les billets, qu'est-ce que vous pensez!). C'était à Brossard (et je ferai un autre message une autre fois pour cracher mon venim sur le complexe 10-30). J'ai écouté le show au complet. J'ai regardé le monde autour. Beaucoup de têtes blanches, du monde ben ordinaire. Des madames pis des messieurs de la banlieue. Ils applaudissaient après des solos de contrebasse comme je crie après un solo de guit' dans un show rock. Ils restaient tous immobiles sur leur chaise alors que même moi qui ne danse pas aurait sûrement piétiner des petits moves de swing sur place. Ils méditaient les paroles alors que je les aurais chantées en même temps. Et je sais que l'univers du jazz au complet ne se résume pas à un show de Susie Arioli, mais le jazz m'a paru beaucoup moins snob, tout d'un coup. Il y a des musiques qu'on contemple, et des musiques qu'on vit. Et de la musique qui se contemple, des fois ça se vit mal, et des musiques qu'on vit, des fois ça se contemple mal. Et c'est pas parce qu'on contemple qu'on est snob. Et c'est pas parce qu'on vit qu'on n'a rien compris.
Moi, personnellement, la musique qui se contemple, je garderai ça pour mes vieux jours, alors que j'aurai plus d'années derrière que devant, et que j'aurai quelque chose à méditer en regardant la pluie tomber. Pour l'instant, j'ai hâte de voir Gene Simmons cracher sa langue, des fontaines de feu exploser sur scène, un gros KISS écrit avec des milliers d'ampoules qui brillent, un stade au complet qui scande des paroles, tout qui vibre tellement c'est fort. J'ai vingt-cinq ans, et j'ai le goût de vivre.
1 commentaire:
Ok alors Elyse et moi on t'amène sur St-Denis au bar de jazz où on a l'habitude de baver sur les musiciens, où le vin est super cher mais on a nos visas et où on n'est pas certaines de comprendre ce qui se passe mais on aime ça.
Le meilleur bar jazz snob avec pas d'histoire.
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