dimanche 17 janvier 2010

L'année du cheval

Hier, j'ai été à la National Gallery. Parce que ça fait 3 semaines que je fous absolument rien, et que je m'ennuie comme c'est pas possible. Ça m'a foutu un coup, passer Noël loin de chez moi. Et il y a aussi ce truc du show plate de Pete Doherty, jeudi dernier.
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Résumé du show plate de Pete Doherty de jeudi:

18h15: J'arrive dans la file. Les portes ouvrent à 19h. J'ai acheté les billets à l'avance, mais je dois les récupérer à l'entrée. Je spotte d'emblée 4 personnages importants dans la file de hipsters qui ont tous mis des chapeaux et des lunettes en plastique noire, les 4 mêmes que je recroiserai allègrement au gré de la soirée:

1. Le seul gars de 40 ans qui porte un ensemble veston-cravate dans un show de rock, rejoint rapidement par...
2. ... une fille blonde avec un bonnet.
3. Un gars derrière moi qui est tout seul, qui porte aussi chapeau et lunettes mais que ça lui va pas vraiment bien. On voit qu'il se force pour avoir du style, mais qu'il est pas mal pogné et pas très in dans le fond.
4. Un gars qui parle fort et vite, sans arrêter. Quand il parle, on a l'impression qu'il récite un texte qu'il a appris par coeur. Ça m'énarve parce qu'il arrête plus de parler et que j'entends juste lui.

18h45: Mon coloc me rejoint, la seule personne que j'ai convaincu pour aller voir le show avec moi, mais c'est pas grave, parce que come on, Pete Doherty il est tellement cool que ça peut pas être un mauvais show anyway.

19h15: On rentre en-dedans. J'entrevois la set list de ce soir: Pete ne jouera qu'à 23h30. Il y a 5 fucking premières parties. C'est plus un show, c'est rendu un festival. Coloc et moi décidons de prendre un verre dans le bar dans la pièce à côté, parce qu'on en a un long bout à attendre tout de même.

19h20: Je parle de je-sais-plus-quoi à Coloc-cave, pis je m'aperçois que ça fait 5 minutes que je parle dans le vide. Il m'écoute pas pantoute, il regarde le cul des filles. Super. J'ouvre un livre.

19h30: Coloc-cave s'est fait ami-ami avec Blondie, la fille vue dans la file (#2). Elle est au trois quart saoûle.

20h30: Je commence à parler à un gars tout seul assis à côté de moi, qui s'avère être le #3 de la file. Il vient du Pays de Galles. Plus tard, il veut écrire des pièces de théâtre pour la radio. Son groupe préféré c'est Green Day. Il n'aime pas les Rolling Stones ou la Guiness. Il boit du cidre. Il trouve que je parle bien anglais. Mais ne comprends pas quand j'essaie de lui dire que le nom de l'album des Pixies qu'il parle c'est "Trompe le monde". Bref, en une heure de jasette, ça résume sa bien triste personnalité.

21h: #3 se lève en me disant: "je reviens". Il laisse son manteau sur sa chaise.

21h20: #3 est toujours pas revenu. Qu'est-ce qu'il fait? Fuck that, je crois avoir fait le tour de ce qu'il avait à dire avant que ça commence à se répéter anyway. Je m'en vais voir la première première partie. (J'ai pensé par après qu'il pouvait pas être allés aux toilettes, parce que j'avais eu le temps d'y aller et il y avait un giga line-up dans les toilettes des filles. Donc soit que a) La diahrée ou b) Il est allé m'acheter un verre au bar, ce qui, en focusant sur le fait que je sois partie avant qu'il revienne, me fend un peu le coeur.)

22h: On n'en est qu'à la 3e première partie. J'ai un peu le goût de me tirer une balle. Revoit Coloc-Cave une seule fois, alors qu'il est en train de frencher goulûment la Blondie. Je commence à me sentir à l'étroit dans la salle bondée.

23h: Recroise Coloc et lui souligne que c'est plate attendre toute seule. Il propose que j'aille jaser avec le coloc de Blondie, bien évidemment le gars en suit de 40 ans #1. Heu, no way, je suis pas si désespérée. De quoi on va parler, de REER? Je retourne toute seule dans la foule toute tassée.

23h15: Taouin #4 fait son entrée... sur la scène. Il vole le micro entre 2 premières parties pour faire son petit show de slam. Il répète la même crisse d'affaire qu'il disait dans la file. Aaaaaaaah.

23h30: Je me trouve un petit coin sécure sur le côté de la salle, parce qu'il y a vraiment trop de monde en délire et j'ai pas envie de finir écrabouiller comme dans un show d'Iggy Pop.

23h40: Pete Doherty entre en scène. Ça fait 5h30 que je l'attends, j'ai même plus hâte. La foule se referme sur moi comme un cocon d'énergie négative. Je me rends compte que je suis comme dans la section gaie (c'est tu un non-dit des shows, que tous les gais se tiennent dans le fond de la salle à gauche pis je le savais pas??): les gars se frenchent et dansent en fous en me sacrant des coups de coudes, pis 2 filles prennent appui sur mon dos comme si j'étais un porte-lesbienne ambulant.

Minuit: La foule est super excitée. Peu importe où je me mets, j'ai l'impression d'être en plein milieu du trash pit. Pete, il a juste fait des chansons des Babyshambles et une des Libertines, alors que je m'attendais à ce qu'il fasse ses chansons de solo. Un gars du band crie à la foule: "Si vous nous crissez des bouteilles d'eau, on décâlisse" (traduction libre). Su-per.

Minuit et 25: Je suis tannée de me battre avec la section gaie-lesbienne. Anyway je vois rien, le son est à chier, ça fait 5h30 que je passe toute seule à me pogner le cul. Je m'ennuie de mes amies qui aiment Pete et avec qui j'aurais trippé comme une folle si elles avaient été là. Je veux pas me taper une autre heure de bus de nuit toute seule. Je décide de partir avant la fin du show pour pogner le dernier train.

1h du matin: À la gare, je me rend compte que j'ai perdu mon billet de train dans le trash-pit. Je passe la barrière sans payer parce que personne ne regarde, pis je me sens un peu rebelle rebelle.

2h: Je me couche en envoyant chier mentalement Pete Doherty, son show plate et surtout mon coloc qu'avoir su qu'il serait pour me planter là toute la soirée, je me serais sauver de la désagréable impression d'être indésirable, peu intéressante, facilement jetable et moche (parce que mon coloc il est pas super beau, ni très intéressant quand il parle, et ça me fait chier qu'il se pogne des filles et pas moi (des gars)) en ne l'invitant pas.

Bon, fin de la paranthèse sur ma soirée super déprimante et poche que, depuis ce jour, je me sens pas top shape.
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Je disais donc que je vais à la National Gallery, parce que je m'ennuie, je suis déprimée et que Londres, elle n'est pas fait pour ne pas s'amuser. Bah, ok, van Eyck c'est pas le gars le plus pissant de la planète, mais ça change un peu les idées, de voir du beau.

Donc je me loue un audio-guide, je me promène de tableau en tableau. Pis au bout de deux heures je commence à avoir chaud. À être tannée d'être dans un musée. À texter le monde que je connais pour voir s'ils sont pas dans le centre-ville pour faire autre chose. Coloc me texte pour me dire que sa "blonde" va venir passer la soirée à l'appart. "Oh, mais pas de problèmes", qu'il me dit, "fais tes trucs dans le salon et tout, sens-toi pas obligée de rester dans ta chambre." Ben oui, c'est ça, je me sens comme de la marde pis je vais passer ma soirée à vous regarder vous frencher comme des bêtes en tant que nouveau petit couple, pis après je vais faire comme si je me doutais pas que vous vous éclipsez pour baiser quand tu lui dis: "Oh, viens, j'ai un cd à te faire écouter dans ma chambre."

Donc c'est ça, je remet mon téléphone dans ma poche. Je remets mes écouteurs d'audio-guide sur mes oreilles, parce que des audioguides c'est ça que les gens tout seul écoutent dans les musées quand ils ont personne avec qui critiquer les toiles. Je suis devant cette toile-là, que je trouve pas si trippante que ça:


Un couple de Français qui parlent fort me poussent pour voir la toile, comme 2 énervés dans un show de rock que je serais aller voir toute seule. Je monte le son de l'audioguide au max. Soudain, j'ai l'impression que personne a envie de moi, dans c'te musée, que je suis juste un corps indésirable qui empêche de voir les toiles. Un poids mort. Comme si Londres essayait de m'expulser dans un affreux pet-sauce. Même le cheval, j'ai l'impression qu'il m'envoie chier, avec sa pose de con pis ses yeux de furie. Pis je me mets à pleurer comme une Madeleine devant la toile, mes écouteurs d'audioguide qui crachent la biographie de Georges Stubbs dans les oreilles. Le couple de Français, il a dû trouver que j'étais grandiosement émue de la finesse avec laquelle les muscles de l'étalon avaient été dessinés.

Je me suis mouchée dans ma manche, j'ai été reporter l'audioguide au comptoir, je suis rentrée chez nous. Barricadée dans ma chambre pendant que de l'autre bord, il y avait des petits rires de couple, j'ai écrit des emails à mes amis pour leur dire que je m'ennuyais d'eux. J'ai écouté "Hot Fuzz", pis je me suis couchée en pleurnichant encore un peu.

Il y a pas à dire, si j'étais une oeuvre d'art, je serais un truc mélodramatique qui goûte les peppermint humides. Comme Larmes, de Man Ray.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Pauvre tite chouchoune! Y a plein de monde qui t'aime, qui te trouve belle, fine, intelligente, etc. et qui s'ennuie de toi à Montréal, dont moi bien sûr. Alors oublie pas ça dans tes moments de déprime britiche!
Gros bisous,
matante Blandine