jeudi 22 avril 2010

Carton Jaune

Je suis en train de lire Carton Jaune de Nick Hornby. C'est un obsede de foot anglais, un fanatique de l'equipe d'Arsenal. Et a un moment donne, il dit que ca arrive que des gens qu'il n'avait pas vu depuis longtemps ressurgissent dans sa vie, apres un match d'Arsenal, parce que le match leur a fait penser a lui. Il dit:

J'aime l'idee que des gens pensent a moi a intervalles reguliers. (...) Et cela m'enchante: le fait que d'anciennes petites amies et d'autres vagues relations perdues de vue, que je ne rencontrerai peut-etre plus jamais, pensent, assises devant leur tele, pour une minute a peine mais toutes en meme temps, "Nick Hornby", rien qu'un nom, mais elles sont heureuse ou tristes pour moi. Personne ne goute cette joie, sauf nous, les supporters.

Et j'aimais bien cette idee aussi. Je veux dire, je pense a des gens souvent, et des gens doivent penser a moi parfois aussi. Je pense a Elyse quand j'entends parler de crabe geant du Japon. Je pense a Caca quand j'entends du Lou Reed. Je pense a Richard quand je vois un renard. Je pense a Chloe quand je bois du jus d'orange dans un buck. Et plein d'autres trucs comme ca. Mais quel est le moment ou le plus de gens ont pense a moi en meme temps? J'essaie de trouver, et je pense que l'evenement marquant de ma vie en pensee dans la tete des autres, c'est le 27 mars 2000, quand les gens ont ouvert le journal et vu que Kevin Spacey avait gagne un Oscar pour son role dans American Beauty et se sont dits: "Sophie doit etre contente". Bon, ca s'est peut-etre etendu sur un jour ou 2, on va etre slack sur la synchronicite, mais la plupart des gens qui me connaissaient en 2000 savaient que je trippais sur Kevin Spacey et que s'il y a un voeu que je faisais a chaque fois que l'horloge indiquait une heure chanceuse (11:11, 5:55, 12:34, etc.), c'etait qu'il gagne un Oscar. Je pense pas avoir reunis plus de gens en pensee depuis ce temps.

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Ma mere m'a souvent dit que quand j'etais petite, elle m'installait dans une chaise et je pouvais passer toute la journee juste a regarder ma soeur faire des sparages. Et je sais qu'on change dans une vie, mais je crois quand meme qu'on nait avec une certaine personnalite qui ne change pas. Bref, je pense que c'est du tout moi, s'asseoir pis regarder le monde passer. C'est pour ca que j'ai etudie en cinema. C'est pour ca que j'aime les gens qui racontent des histoires. C'est pour ca que je peux passer beaucoup de temps a ne rien faire. Bon, bref, l'expression "Du pain et des jeux", je pense que c'etait precurseur de mon arrivee sur terre.

Je dis ca, parce que des fois, je crois que je me suis tellement habituee a etre un spectateur, que meme ma propre vie, j'ai souvent l'impression d'en etre decollee. Ou plutot d'avoir une double personnalite, celle qui agit, et celle qui regarde (et qui commente, et qui trouve ca con, mais qui peut rien y changer).

J'allais ecrire un long truc morne et poisseux sur le fait que ma vie, d'un point de vue spectateur, comportait des longueurs de fous. Mais je viens de recevoir un message texte d'un magicien qui accepte ma proposition d'aller au Planetarium et qui ajoute qu'il va avoir le temps d'ici la de me faire un mix-tape. Vous je sais pas, mais moi je suis cramponne en folle a mon siege, en attendant de voir ce qui va arriver dans le moment le plus palpitant du film depuis un crisse de bout.


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Un dernier mot: tse, quand il commence a faire chaud, et que les insectes sortent? Pis tse, quand tu checkes dans ton lavabo de salle de bain en te levant le matin pis qu'il y a une bibitte qui s'abreuve dans des petites gouttes d'eau qui y sont restees? Ben C'EST DEGUELASSE.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Y a certainement plus de monde qui pense à toi que tu l'imagines!
Bisous, Blandine