lundi 20 octobre 2008

Robert, tout comme la mort, frappe toujours deux fois

Êtes-vous allés voter? Moi, mon expérience a été longue et plate. À commencer par Robert.

Robert (name tag à l'appui), c'est le gars qui nous disait dans quelle file fallait aller, même si c'était écrit sur notre papier et sur les bureaux de vote. Mais Robert se donnait BEAUCOUP trop dans son travail, et en plus il faisait comme si c'était lui le système nerveux des élections nationales, comme s'il contenait le code génétique de toute la planète et qu'il le récitait par coeur, alors qu'il avait juste mémoriser les emplacements des bureaux de vote qui était en ordre numéral anyway. Avant qu'il me pointe ma file il a pris une grosse gorgée d'eau suivie d'une énorme inspiration les yeux fermés, genre je-me-concentre-sur-mon-animal-intérieur-pour-ne-pas-flancher-maintenant-parce-que-ma-job-est-tellement-importante-que-je-respire-seulement-à-un-client-sur-deux. Il suait. Mais à fond. En tous cas, j'ai pas compris et ça a comme fait de mon vote une mauvaise expérience.

Autres désagréments: il y a un monsieur dans la file en arrière de moi qui se rappelait de toutes les fois qu'il avait voté depuis 1972. Un autre essayait d'expliquer in-extremis à son ami pourquoi fallait pas voter Libéral. Il y a un bébé qui a crié et toute la salle paroissiale s'est retournée en souriant (on est bien dans la Petite-Patrie). Les Petits-patriotes dans la file devant moi, bien que tout le monde vote pour le Bloc (selon mon sondage effectué auprès des 6 personnes que je connais dans le quartier dont une Française qui a pas le droit de vote), ont pris BEAUCOUP trop de temps pour penser à leur affaire derrière le petit paravent en carton (câlisse de vote stratégique, je suis sûr que c'est à cause de ça que tout le monde se questionnait subitement avant de cocher) , et en plus, comme on n'avait pas le droit de plier nous-mêmes le bulletin de vote, ça prennait la moitié de sa vie, aller voter.

En tous cas, j'ai manifesté mon désaccord face à toute cette situation en votant excentriquement, ce que je trouve moins pire que de voter stratégique. Imaginez, si tout le monde avait voté stratégique, Stéphane Dion serait peut-être premier ministre.

Si tout le monde avait voté excentrique, peut-être que Robert serait plus relax.

Sinon, le blitzkrieg des nouvelles pas intéressantes:

- J'ai chialé comme une fifille de 12 ans pour mon accréditation, et j'ai même pas été voir un film de tout le FNC.

- Peut-être que je ne suis pas la muse de Louis Bélanger et que les réalisateurs de À l'Ouest de Pluton n'ont pas remarqué que je m'étais forcée spécialement pour eux, mais il y a une productrice qui a lu le texte que j'avais écrit pour son film et qui l'a aimé et qui a demandé qu'on me le dise. J'étais contente, mais en même temps c'était tellement pas mon meilleur texte que je trouve ça louche...

- David et moi (le David que c'est comme un garçon étrange), on s'est chicané l'autre jour, et là il s'est comme désinscrit de mes amis Facebook, ce que je trouve nul parce que dans le fond c'est moi qui aurait dû le faire avant mais je voulais pas pour pas justement déterrer la hache de guerre, alors pour me venger je l'ai défait de ses fonctions sur un groupe Facebook dont on était co-responsables (avec 3-4 autres délurés). Si on avait été il y a 400 ans, peut-être qu'on se serait giflé avec un gant en se lançant en duel, mais là c'est ça, on est en 2008, on venge son honneur avec des manoeuvres de Facebook. C'est peut-être moins théâtral, mais ça passe tout aussi bien un petit 5 minutes à tuer...

- Merci pour vos votes sur mon frigo, on dirait bien que j'en achète un neuf ou usagé, l'important c'est qu'il soit vert. Reste plus qu'à en trouver un... (c'est une invitation pas subtile à me le dire en premier, si vous en trouvez un, et à pas le garder pour vous parce que finalement, c'est vraiment cool un frigo vert)

- La loi des 2 morts a encore frappé! La loi des deux morts, c'est Coco qui a inventé ça, c'est que les morts célèbres ne meurent jamais seuls, il y en a toujours un deuxième qui crève pas longtemps après, genre Brad Renfro et Heath Ledger, et il y en a eu plein d'autres, mais sur le coup c'est con, ça m'échappe. Bref, là il y a Paul Newman qui nous a quitté que j'étais quand même triste (mais au fond de moi je suis contente que ça soit Paul Newman et pas Robert Redford et pour cette raison je crois que si l'enfer existe, Robert-le-Robert-des-élections va sûrement m'y guider), et là c'est Guillaume Depardieu. Ça énerve tout le monde qu'il soit mort d'une pneumonie, hein? Avec le petit rhume qui court, on dirait qu'on se sent moins à l'abri.

4 commentaires:

mamzelle ad[è]le a dit…

Moi quand j'ai voté le monsieur qui s'occupait de moi trouvait que mon passeport c'était pas tout à fait acceptable comme pièce d'identité, il arrêtait pas d'insister pour que je lui montre mon permis de conduire (que je n'ai pas alors...)

Et puis, dans les morts en série, il y avait Lay Di et Marie-Soleil Tougas (et Mère Téresa qui compte qu'à moitié parce qu'elle était vieille alors on était pas sous le choc)...

Et je suis certaine qu'Henry a aimé ton résumé. Il était juste trop angoissé par toutes les caméras et les micros pour penser te féliciter...

Eli a dit…

t'étais-tu contente d'avoir du céleri-rave? En te le laissant (j'ai prix les choux de bruxelles), j'me suis dit que c'était la chose la plus gentille que j'avais fait de la semaine.

Eli a dit…

ouache. J'ai écrit "prix". ouache.

Anonyme a dit…

Je suis la co-réalisatrice d'À l'ouest de Pluton. Ta description de notre film n'a surtout pas passé inaperçu... Je crois même qu'elle contribue encore au buzz autour du film.
Je n'ai jamais pu te rencontrer, voilà pourquoi tu ne sais rien sur notre réaction. Notre silence est dû aussi en parti à la pudeur. Ce n'est quand même pas rien de se faire attribuer le mot culte à son premier essai.
Bon voilà... je le dis timidement mais sincèrement, ... merci.