mercredi 18 mars 2009

Légende écossaise

Quand je suis revenue chez moi tantôt, ça sentait comme l'électricité dehors (tsé, comme quand tu te frottes un ballon sur les cheveux et que tes cheveux collent dessus et que tu sens le ballon après et que ça sent comme frais mais métallique... ben c'est ça) (d'accord les petits Joes connaissants, ça sent pas "l'électricité", ça sent "l'ozone"), et vu qu'on est la St-Patrick, ça m'a rappelé cette fabuleuse légende écossaise (je sais que l'Écosse est pas en Irlande, arrêtez de m'interrompre tout le temps à la fin!) qu'on m'avait raconté quand j'habitais en Écosse.

Je visitais l'Île de Skye, et là-bas il y a un endroit étrange, un espèce de grand parc, où tout est miniature. Des petites collines, des petites mares, des petits arbres qui ont l'air vieux et qui ont des grosses racines, des petits rochers qui ont l'air de petits châteaux. Et c'est tout vert partout. Ça s'appelle le Fairy Glen, parce que les gens croyaient que c'était un monde miniature pour les fées et les petites choses vivantes qui ressemblent à des humains mais qui n'en sont pas.

On a demandé au chauffeur du bus s'il croyait vraiment à ça, les fées, les esprits et toute la petite famille magique. Il nous a raconté cette histoire.

Il a dit qu'étant lui-même résident de l'Île, il allait souvent se promener dans les montagnes, et que des fois il avait l'impression de ressentir des trucs mauvais quand il s'aventurait à certains endroits, comme s'il y avait des places où il ne fallait pas aller et que l'Esprit de la montagne te le faisait savoir.

Pas très excitant à date.

Puis après, il a rajouté, tout hésitant, que ça lui était arrivé une fois. Qu'il était parti avec deux amis faire du trekking dans le Black Cuillin. Qu'ils avaient campé là-bas, dans une petite prairie, loin de tout. Qu'ils avaient fait un feu, de la bouffe, même une petite lanterne dans une canne, avec des trous spéciaux pour ne pas que le vent entre et éteigne la flamme (super jolie paraît-il, ils avaient gossé des dessins dessus et tout). Qu'ils avaient bien rigolé, bien bu sûrement, et qu'ils s'étaient couchés dans la tente.

Le lendemain, ils se font réveiller par un gros bruit fatigant de zip qui s'ouvre. Tout fatigués, ils ouvrent péniblement les yeux: dans l'embrasure de la porte, il y a un, et je cite, "fucking wee man" (traduction libre: un fucking petit homme) qui est pareil comme un humain, sauf qu'il fait pas plus de 2 pieds, avec une barbe grise et la face toute ridée, qui leur dit tout joyeusement: "Jolie lanterne!" et qui s'en va. Les trois gars restent un peu bêtes, se lèvent d'un seul bond et se pitchent en même temps sur la porte. Comme dans les films, ils se pilent dessus et s'auto-enfargent, si bien que quand ils réussissent enfin à sortir dehors, la petite chose a disparu. Ils se demandent s'ils ont rêvés, mais enfin ils ont tous vu la même chose. Tout autour, il n'y a absolument personne. Juste une étrange odeur électrique (ben oui, ben oui, une étrange odeur D'OZONE).

Je ne me rappelle plus, mais il me semble que le chauffeur de bus avait une explication pour l'odeur d'ozone, genre que le fucking wee man aurait pu se déplacer à l'aide d'une technologie supérieure qui utilisait une grande quantité d'électricité, comme un éclair, pis que c'est pour ça que ça sentirait ça et que le bonhomme aurait décampé aussi vite. Ça a l'air boiteux de même, mais dans le temps me semble que ça faisait du sens. Bref.

Je ne connais pas vraiment le chauffeur de bus de l'Île. Il aurait pu dire de la bullshit, mais il avait l'air sincère. On lui a posé plein de questions et tout, et il était content d'en parler, mais pas content comme dans bande-de-cons-je-vous-ai-bien-eus. Il nous a décrit les vêtements du nain. (Je dis ça comme si c'était une preuve de son honnêteté, mais bon, c'était assez élaboré dans les détails, son histoire en général.)

Moi, je n'y crois pas du tout aux fées, aux gnomes, aux sirènes et aux trucs du genre. Mais je crois que si les petits farfadets de la forêt existaient pour vrai, la seule raison pour laquelle ils pourraient venir parler à trois gars dans une montagne c'est pour leur dire qu'ils avaient gossé joliement une lanterne dans une canne de binnes. Et dans ce sens, je trouve que c'est l'histoire la plus crédible que j'ai entendu, et que c'est tellement intelligemment réel que j'ai décidé que parmi toutes les histoires bizarres qu'on a essayé de me faire accroire, c'est une de celles que j'espère le plus qu'elle soit vraie (l'autre étant que Paul McCartney est mort dans un accident d'auto et est remplacé par un sosie). La vie, ça devrait parfois être inusité de même, juste un peu con quand ça aurait pu être platement ordinaire, juste un peu excentrique au moment où on s'y attend le moins.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Yé! Tu es ma meilleure conteuse !
J'ai hâte que tu me lise des histoires ! Je m'ennuie!!!