
Jeudi j'ai été dans un cocktail dînatoire, parce que je suis tellement jet-set (hum... parce que Blandine m'avait invité parce que c'était dans une maison d'édition pour laquelle elle travaillait comme pigiste et qu'elle pensait que j'aurais pu me faire des contacts et que moi je me suis dit qu'il y aurait sûrement plein de bouffe et d'alcool gratis à gatecrasher).
Je vous épargne les détails de qui était tout rouge, de qui a fait semblant de nous écouter et est parti avant même qu'on ait finit de parler, de qui a fait semblant de nous reconnaître parce que c'était clair qu'elle n'avait pas d'amis elle non plus, de qui avait maigri, de quel anglophone a fait un speech incompréhensible dans un français médiocre et de qui se bourrait dans les bouchées de crevettes thaïes (moi). Bref, on s'est bien amusées, mais notre fun venait plutôt de notre microcosme de duo que du reste des gens (ou que du petit band qui faisait tout pitié à la porte). Un gars m'a dit de lui envoyer mon cv, mais c'est quasiment comme si je lui avais extorqué les mots de la bouche, donc ça ne compte pas vraiment...
Je ne suis pas une voleuse, je veux dire, je volerais jamais quelqu'un personnellement, ni dans un magasin ni rien. Même que ça m'arrive de redonner le change qu'une caissière m'aurait donné en trop. Mais peut-être bien que le vol de coutellerie au restaurant, de beaux verres dans les bars, de crayons et de post-it au bureau et autres larcins niais dans le genre me procurent une mini-poussée d'adrénaline dans des moments de ma vie particulièrement plats. Je m'appelle Sophie, je suis pick-pocket pigiste institutionnelle.
Cocktail dînatoire, vol #1: Ils avaient fait un étalage de leurs publications dans un coin sombre. J'ai entraperçu un genre de magazine pour lequel j'avais écrit une fois, à la pige. Et justement, c'était le numéro dans lequel mon texte apparaissait. Je me suis rendue compte qu'ils ne m'avaient jamais envoyé la copie finale, et puis j'aime bien avoir des exemples de mes textes publiés, et puis hop!, voilà le magazine dans ma sacoche.
Cocktail dînatoire, vol #2: On va aux toilettes avant de partir. Je venais de finir ma (3e) coupe de vin blanc. Elle était jolie. À l'appart on a juste 3 coupes à vin. C'est pratique, en avoir 4. Quatre, c'est un joli chiffre, pour des coupes à vin. Ni vue ni connue dans les toilettes, la coupe a "glissé" dans mon sac.
Cocktail dînatoire, vol #3: Blandine aussi avait amené sa coupe aux toilettes. Mieux vaut avoir une coupe de rechange, au cas où j'en brise une... Et c'était si facile.
Cocktail dînatoire, vol #4: Au vestiaire, il y a une pile de sacs réutilisables avec le logo de la compagnie. À l'intérieur, il y avait comme un genre de petit cahier avec un crayon. J'imagine qu'ils doivent les donner aux employés... N'étant pas employée là-bas et n'en ayant pas reçu, je me permets d'en chipper un, pour pallier à leur oubli. Je sauvais leur honneur, dans le fond...
Cocktail dînatoire, vol #5: ... oh, et puis un pour Blandine aussi, tsé!
On se dirige vers les ascenseurs, ma sacoche pleine à craquer de verres et de petits calepins. Un gars nous arrête à la sortie. Shit. Mon coeur s'arrête un peu. Il nous demande si on a signé le panneau des remerciements. Ouf! Soulagée, je vais signer le crisse de panneau, sous un faux-nom évidemment (je me délecte à l'avance de la face du prochain employé qui, lisant les signatures, va se demander c'était qui dans l'équipe, Amélie R.). On se re-dirige vers les ascenseurs.
(Le gars à la porte:) Attendez!
Fuck, qu'est-cé qu'y a encore?!
(Le gars à la porte:) Pour vous remercier, la compagnie vous offre un beau sac avec un cahier pis un crayon.
... et de nous tendre le-dit sac, le même que j'avais volé (2 fois plutôt qu'une).
(Moi:) Heu... Non merci!
(Le gars à a porte:) Ben oui, prenez-en un voyons!
(Moi, pas capable d'inventer une bonne raison pour laquelle je ne voudrais pas avoir son foutu sac, essayant de cacher es 2 autres qui débordent de ma sacoche:) Nonononon, c'est beau, je suis correcte là...
(Le gars à la porte:) Mais...
(Moi, déjà à moitié dans l'ascenceur:) C'est beau j'ai dit!
(Le gars à la porte:) Ben aussi vous pouvez vous prendre une publication gratuite, on les donne...
... et de nous pointer une table sur laquelle étaient étalées les publications de la maison d'édition, y compris une grosse pile du magazine dans lequel j'avais écrit un texte.
Bilan de la soirée:
- 11 bouchées
- 3 coupes de vin
- une proposition d'envoi de cv extorquée
- 3/5 objets volés redonnés gratuitement
Si j'étais mon karma, je trouverais ça tellement niaiseux de me voir aller que je ne tiendrais pas compte de ces dernières mauvaises actions.
2 commentaires:
Ahahahha!!! Quelle tournure surprenante!!! Le nombre de fois où j'ai moi-même simili piqué des objets qu'on allait me donner plus tard dans la soirée. Crime qu'on se sent mal hein?
"Si j'étais mon karma, je trouverais ça tellement niaiseux de me voir aller que je ne tiendrais pas compte de ces dernières mauvaises actions."
C'est excellent.
Enregistrer un commentaire