vendredi 18 novembre 2011

De l'art d'être bénévole.


Tsé, la fois que j'avais fait du bénévolat pour une maison de disques pis que le chanteur m'avait subtilement dit d'arrêter de lui parler du nombre de macarons que j'avais vendu? (Pour vous rafraîchir la mémoire.) J'en avais plus trop refait après ça, du bénévolat pour eux autres. Pas à cause de l'affaire des macarons, mais juste parce que ça avait comme fouarrer. J'avais pas vraiment rapport là-bas, dans le fond. Je suis pas la fille qui s'intègre le plus au monde, et comme j'avais pas vraiment d'objectifs derrière la tête, et que P.R. ne sont pas mes initiales, je faisais juste rejet.

Comme je ne semble jamais apprendre de mes erreurs, j'ai décidé de m'inscrire cette année pour faire du bénévolat à M pour Montréal. Et aujourd'hui, j'étais à l'accueil pour un panel de discussions. Et à la fin du panel, je vois un des gars de la maison de disques susmentionnée qui s'approche.

(Gars de la maison de disques) - Heille, salut!
(Moi) - Allô.
- Te rappelles-tu de moi?
- Ouin, on est pas amis Facebook?
- Oui, mais je travaille pour la maison de disques là...
- Ah oui...
- Tu travailles ici? C'est cool.
- Nonon, je fais du bénévolat.
- Oui, ben t'avais fait du bénévolat pour nous autres aussi!
- Oui, ça avait comme fouarrer.
- ...
- ...
- C'est tu ici la conférence de SXSW?
- Non. C'est en-haut.
- Ok, merci.

Il part. Fin.

Après cet épisode malalaisant, j'ai décidé de finalement aller faire un tour à un autre festival pour lequel j'ai déjà travaillé, les RIDM. J'avais peur de tomber sur du monde que je connaîtrais vaguement sans savoir quoi leur dire, mais grâce à cet épisode plein de "bad repartee", comme dirait Lou Reed, je me sentais à toute épreuve. J'ai vu Bibou et CatWoman et Sarah et Caro et Julie et même André et M-A, et même le bénévole vedette, de loin, qui m'a pas vu ou a fait demi-tour ou je sais pas quoi. J'ai eu droit à plein de potins que le monde était content de venir me raconter parce qu'ils devaient plus trouver personne à qui les compter qui ne les connaissaient pas déjà. J'ai calé un gin tonic au bar parce que j'avais un cours après. Il y avait un monsieur qui voulait du jus Oasis parce qu'il ne tolérait pas le gluten, mais il a aussi pris 2 biscuits chinois. On a ri de côté. Bibou m'a demandé il était quelle heure, je lui ai montré sur mon téléphone, il a checké mon fond d'écran, a demandé c'était quoi, j'ai dit tout excitée que c'était un dessin de la fin du monde des dinosaures, il m'a répondu: "Ben là, demande-toi pas pourquoi tu baises pas!" (mais en plus vulgaire), et là on avait le fou rire parce que c'était un peu vrai, dans le fond, et je suis allée à mon cours, et j'étais pompette à cause du gin tonic calé, et j'arrêtais plus de déconner avec la fille à côté de moi.
Et là je suis revenue chez nous, et je repense à ma journée, et on dirait que tous les gens que j'ai vu me manquent, même le gars de la maison de disques, même le bénévole vedette qui m'évite. Et si je pouvais, je les mettrais tous dans des aquariums, et quand j'en aurais envie, je pourrais revoir mes souvenirs qui nagent entre les algues en plastique et les petites roches rouges et bleues.

1 personne ont quelque chose à ajouter:

Eli a dit…

Trop drôle: moi aussi j'ai un dinosaure comme fond d'écran de mon téléphone (mais c'est un dinosaure qui vivait sous l'eau, parce que j'ai vraiment trop hésité entre un animal marin pis un dino).

J'avoues que c'est pas optimal pour le sex appeal. Tu proposes quoi d'autre?