mercredi 2 mai 2012
Montréal, rends-moi mon étoile.
Là là, je suis fâchée. Ça fait depuis cet hiver que je rêve qu'il fasse assez beau pour ressortir mon vélo. Je me suis dit que j'allais être une de ces personnes cools qui se promènent à vélo. Avec un petit panier, une sonnette old school pis un joli manteau pis toute. Pas une sportive en cuissard et en casque aérodynamique, juste une jolie fille à vélo, comme dans les films français.
Bref, j'ai rongé mon frein en attendant de récupérer mon vélo chez ma mère (il me fallait un lift parce que les pneus étaient tout pétés). J'ai changé les chambres à air. J'ai changé les pneus. J'ai acheté un cadenas. J'ai acheté un beau casque, même si même les beaux casques ne me font pas bien. J'ai pas une tête à casque. Au final, pas si jolie que ça sur mon vélo, mais bien fière.
Et là, pour me penser joliment cool, j'ai décidé de parader dans les rues de Montréal jusque chez ma mère, à St-Lambert. Environ 20 km. Et j'en suis venue à la conclusion que les vélos, à part être beaux dans les films français, ils servent à rien dans le coin, parce qu'il y a genre 3 pistes cyclables sur toute l'Île, la côte à Berri elle est chiante à remonter en tabarnak, c'est supra trop compliqué essayer de se rendre sur la rive-sud si tu connais pas le chemin, il n'y a pas de signalisation, ça fait plein de zigzags de détours de marde, les viaducs pour passer les autoroutes sont fermés, il y a des escaliers partout, des chars partout, pis quand tu décides que tu vas prendre le métro parce que ça chie pis qu'il fait noir, tu te rends compte que la piste cyclable qui se rend au métro Longueuil arrête 2 km avant d'y être, que la piste cyclable passée le pont Jacques-Cartier arrête dans un jardinet poche, pis que t'es juste perdue toute seule pas de lumières pis il fait noir pis tu sues comme une conne en-dessous de ton gros casque laite pis il faut que tu payes 3$ au guichet parce qu'ils prennent pas ta passe, malgré le fait que tu te sois fait chier comme le crisse à te rendre. Et bien sûr, une fois dans le métro, ton vélo reste pogné dans les portes, dans les guichets, dans le wagon, dans les escaliers mobiles et particulièrement dans les escaliers pas mobiles. Et il faut que tu restes dans le premier wagon comme un genre de lépreux, alors tu fais 4 fois le quai à pieds en accrochant tout le monde, parce qu'évidemment ta sortie de métro est vers la queue.
Et ça c'est sans parler de l'estacade du pont Champlain qu'il faut que tu te tapes la moitié de la rive-sud sur une presqu'île nowhere, et l'Île-des-Soeurs où chaque route est un cul-de-sac. Ou les Bixi qui te font croire qu'ils vont mettre de la jolie poésie sur leurs pubs et que t'es contente et que tu crois enfin en la beauté créative de Montréal mais finalement c'est même pas vrai. Pis Laval. Je parlerai même pas de Laval. Pourquoi quelqu'un voudrait se rendre en vélo à Laval anyway.
En tous cas, moi je suis fâchée. Les vélos à Montréal, c'est ben beau pour les promenades frenchies, mais quand il faut que tu te rendes quelque part, ben c'est comme une diarrhée enveloppée dans du vomi et ficelée avec un ruban de cauchemar, bon.
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5 commentaires:
Ce texte vomi est juste parfait. Par-fait.
J'ai bien ri!
LOL.
je ris tellement. Une turbo montée de lait où tout est de la marde par-dessus d'la marde, j'adooore.
Peut-être un peu parce que je fais ça aussi, over dramatiser, un peu pour que ce soit plus drôle, certes, mais aussi parce que, je l'avoue, sur le coup je vois vraiment tout noir comme ça.
Montreal, rends-moi ma blogueuse préférée.
Merci.
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