(Titre volé à mamzelle adèle parce qu'en plus d'avoir un été laid, j'ai perdu toute envie de me forcer à faire des affaires, dont faire un effort pour trouver un titre de post original.)
C'est ma dernière année comme blogueuse dans la vingtaine, parce que je viens d'avoir 29 ans.
J'ai vu un documentaire dans lequel une rockstar disait: "L'art d'être heureux, c'est l'art d'équilibrer ses attentes, pour être en harmonie avec la réalité. S'il y a un trop grand écart entre tes attentes et la réalité, t'as deux choix: abaisser tes attentes, ou augmenter ta réalité."
J'en ai parlé à mon directeur de conscience. Il m'a répondu que la rockstar devrait travailler à son sens de l'auto-illusion. Que le truc, dans le fond, c'était d'avoir des attentes très hautes, et de se faire accroire qu'elles sont au détour du chemin.
Il disait ça en joke, mais moi je fais pas mal ça pour de vrai. Je passe d'une job à l'autre en cherchant la job parfaite, celle comme dans les films ou ce que tu fais est tout le temps important, même que des fois il faut que tu cours en criant des coordonnées au téléphone, en tailleur, suivie par un hélicoptère. Je prends des breaks aux deux semaines avec le Juif parce que j'espère que s'il s'ennuie un peu de moi, on va revenir ensemble et avoir une relation parfaite, celle comme dans les films où les amoureux courent l'un vers l'autre dans la neige sans laisser de traces de pas. J'aurais aimé ça que ça lui pince à lui aussi dans le fond du ventre quand il faut qu'on parte, comme ça il aurait peut-être compris ce que je voulais dire par "je t'aime". Je m'attendais à passer un été parfait, avec des road trips, des shows, des motels avec des piscines comme dans Thelma et Louise, des chalets, des mojitos, des bords de mer, peut-être même avec des sommets de montagne desquels tu crie juste parce que t'es heureuse et le vent te ramène les cheveux dans la face et sur les photos t'as l'air d'un Chewbacca hilare mais c'est drôle. Les étés parfaits, c'est ce qui est supposé arriver quand t'as une job parfaite et un couple parfait. Mais j'ai pas renouvelé mon passeport, j'ai eu une infestation de mannes, le plus loin que j'ai été c'est au métro Namur, j'ai nourri des chats pendant que leurs propriétaires étaient partis en vacances, j'ai eu un billet pour Osheaga et je suis pas allée parce que, je me cite, "me semble que c'est ben humide aujourd'hui."
Je me demande comment tout le monde il fait pour équilibrer attentes et réalité, je me demande c'est qui qui s'est dit que de se lever tous les matins aux côtés d'une personne qu'on aime et qui nous aime et pour aller faire une job qu'on aime ne valait pas la peine de se battre, je me demande à quel moment tous ceux qui n'avaient pas trouvé leur voie se sont dit: "fuck off, j'abandonne, je suis tanné de chercher", je me demande combien on est à brailler parce qu'au même moment de l'année, il y a 20 ans, on faisait du surf couché sur des boogie boards en styrofoam à Old Orchard en se disant que l'avenir n'avait jamais été aussi prometteur, et qu'on avait plein d'idées pour une future composition écrite qui s'intitulerait: Ma saison préférée.
2 commentaires:
Un des meilleurs résumés d'été de marde ever!
Je me sens exactement comme toi, sauf pour la passe de surf à Old Orchard parce que la seule fois que j'en ai fait, j'ai roulé sur moi même en avalant beaucoup trop d'eau salée et ça m'a pris beaucoup trop de temps arrêter de pleurer.
Ma composition intitulée "Ma saison préférée" n'a jamais et ne portera jamais sur l'été. Parce que l'été, ça suce. Pis oui, c'est ben trop humide.
Fuck ça l'été.
L'été, ça craint. Moins que l'hiver, mais ça fait chier pareil. Dans le fond il y a juste l'automne que j'aime bien. Mais je ne me ferai pas trop d'attentes pour cette année.
Voyons, crisse, tout le monde va dont ben mal.
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