dimanche 6 septembre 2009

Ça y est

J'ai réalisé jeudi dernier que je partais dans pas longtemps, pour 10 mois, en Europe. J'ai compté le nombre de jours qu'il me restait au Québec, et quand je me suis regardée dans un miroir après, il y avait pas un, mais deux boutons d'apparus dans ma face (j'ai jamais de boutons d'habitude, c'est ça mon point, et pour un update, il y en a un 3e qui a poussé depuis). Vendredi j'avais la migraine et j'étais super claquée à 9h30 PM, alors j'ai été me coucher sans pouvoir m'endormir avant genre 1h30 AM. Samedi j'ai bien occupé ma journée à faire plein de trucs non-reliés au voyage, alors c'était correct. Puis, ce matin, je me lève à 6h, j'écoute Revolutionnary Road et j'ai le goût de pleurer en boule. J'ai le goût que tout arrête, je veux revenir à un moment dans ma vie où j'étais heureuse et pas stressée du tout. J'essaie de me réfugier dans un souvenir heureux. Genre la fois où j'ai appris que j'étais prise comme "French Assistant" à Londres, pis que j'étais contente. La fois qu'avec papa et soeurette on a été à San Francisco en char, et que c'était comme dans un film, c'était tellement joli, les rues qui tournent avec les fleurs, les rues en ligne droite qui donnent sur la mer, Alcatraz au loin, comme dans Le Rocher. La fois où j'avais fait du pouce avec Michelle en Écosse, et qu'on était arrivées dans un petit village de rien, et on avait bu une pint sur le bord de l'eau, et je m'étais sentie tellement bien que j'étais restée 5 minutes sans parler à essayer de mémoriser cette sensation, pour pouvoir m'en rappeller les jours où ça irait moins. Jouer à Milles Bornes dans un camping où il pleut, en-dessous de la bâche, en équipe avec Chloé parce que, pour gagner à Milles Bornes en jouant avec Chloé, la seule façon de faire c'est de se mettre en équipe avec.

Je regrette pas du tout de partir, j'ai pas changé d'idée ni rien. C'est juste que ça m'est tombé dessus comme une tonne de briques depuis 3 jours: je pars dans pas long. Et j'ai crissement la chienne. Je suis vraiment contente, mais c'est juste que c'est un sentiment qui est pour l'instant hyper enfoui en-dessous d'une couche fucking épaisse de stress pis d'envie de faire une crise d'angoisse.

Le premier qui dit "c'est normal, ça va être cool, tu vas voir", je l'envoie chier, compris? Je sais que c'est normal, et que ça soit normal ou non c'est le dernier de mes soucis au fait. Que ça soit normal, ça change rien au fait que j'aie de la misère à respirer depuis trois jours. Que ça soit cool, ça change rien au fait que je pars dans 2 semaines. Que je me fasse ben du fun là-bas, ça change rien au fait que là, maintenant, je sois complètement seule. Parce que je décide de ce que je veux faire de ma vie, que j'en ai le contrôle, et qu'il y a juste moi pour le faire. Seulement moi. Toute seule. C'est ça que je veux dire. Il y a beau y avoir plein de gens avec moi, là, tout le temps, je sais, mais je me sens toute seule dans ma vie, maintenant que je réalise que je pars parce que c'est moi qui l'ai décidé. Juste moi et moi, chérie. La fille cool qui se trouve des jobs pour aller travailler à Londres. La conasse qui arrête plus d'avoir envie de pleurer pour rien.

2 commentaires:

Anna a dit…

ah merde, j'allais t'écrire "c'est normal, ça va être cool, tu vas voir".. mais y'a de quoi vouloir m'envoyer chier.

Sinon, y'a Philippe Delerm, dans le super fuckin beau livre FRAGILES, il écrit ça..

"L'action : Cette mélancolie qui vient, avant. Il y aura tant à regretter. C'est effrayant ce que le monde est calme, avant."

mamzelle ad[è]le a dit…

"La peur est la plus terrible des passions parce qu'elle fait ses premiers effets contre la raison ; elle paralyse le coeur et l'esprit." Rivarol
Bon trip, chanceuse!